La sélection du mois de juillet 2026
La taxation des marchandises est une pratique très ancienne puisqu'elle remonte à l'Antiquité. Au Moyen-Age et sous l'Ancien Régime, ces taxes, dites indirectes, étaient collectées au cours du transport lors du franchissement des ponts et du transit par les canaux ou les ports. D'autres taxes pouvaient également être appliquées sur la vente des marchandises.
Cette fiscalité a tout d'abord assuré des revenus substantiels aux seigneurs sous le système féodal avant de généreusement contribuer à renflouer les caisses royales. Mais elle était d'une incroyable complexité : en effet, le montant, le mode de perception et la liste des produits concernés variaient d'une région à l'autre !
Sully, Surintendant des Finances d'Henri IV, s'est attaché à la simplifier administrativement en promulguant en 1607 un règlement général et en tentant, mais sans succès, de reconstituer l'intégrité du Royaume de France. Par la suite, d'autres "hommes de finances" se pencheront aussi sur la question, comme Colbert, Intendant des Finances de Louis XIV et Necker, Ministre des Finances de Louis XVI. Ce dernier ne pourra que constater qu'il s'agit effectivement d'un système "barbare, mais c'est l'effet de la formation graduelle du Royaume".
Tonlieux, pontages, octrois, marchgelt, pontgelt, bundergelt... les noms et étymologies de ces taxes sont variés ! Vous en trouverez quelques-uns dans notre document de ce mois, daté de 1683 et consacré aux conditions de taxation des marchandises dans la ville de Menin (Menen en néerlandais), située en Flandre occidentale et comptant quelques 30 000 habitants. Aujourd'hui néerlandophone, Menin est à l'époque française depuis l'an 1668 et le traité d'Aix-la-Chapelle qui met fin au conflit franco-espagnol (1667-1668) suscité par l'héritage du roi d'Espagne, Philippe IV.
Nous resterons le mois prochain dans les taxes puisque notre document d'août vous permettra d'en découvrir une application un peu inattendue au sein d'une manufacture de verrerie !


